mercredi 17 octobre 2012

Le Portugal: un pays sous tutelle après la Grèce ! (Claude Caro)

JOURNAL DE LA CRISE DU CAPITAL EN EUROPE :
AUSTERITE PARTOUT, D'ISSUE DE SECOURS, NULLE PART !
Septembre 2012
La « troïka » : Banque Centrale européenne, Commission européenne, FMI, organe technocratique nommé pour contrôler le déficit public du Portugal, décide d'accorder un délai pour que ce pays ramène son déficit public à 2,5 % en 2014, en échange de la poursuite de mesures d'austérité.
L'économie portugaise est affectée par l'effondrement de la demande intérieure et par le fait que les exportations peinent à trouver des débouchés dans les pays européens qui tournent au ralenti.

Les recettes fiscales ont baissé malgré les hausses des taxes.
Le PIB a baissé de 3 % en 2012 et de plus de 1 % en 2013.
15 à 16 % de la population est au chômage.
La dette devrait croitre à 124 % du PIB en 2013 contre 108 % fin 2011.
Croyez-vous qu'avec de tels résultats, le gouvernement conservateur de Mr Coelho et la « troîka » vont enfin comprendre que cette austérité n'entraine que la descente aux enfers du peuple portugais ?
Pas du tout : dès le 1/1/2013, les cotisations sociales passeront de 11 à 18 % et les cotisations patronales seront ramenées de 23,75 % à 18 % !
Saigner le malade pour le purifier de son mal endettement ! Tel semble être la médication mise en œuvre au Portugal, comme en Grèce, comme en Italie, comme en F... bientôt ?
Dimanche 16 septembre : des milliers de Portugais manifestent contre l'austérité. La Bulgarie renonce à l'euro.

En Grèce, la troïka veut imposer : la réduction du coût du travail et le travail 6 jours par semaine, une réforme du marché du travail, une flexibilité du travail pour « la compétitivité » et 11,6 Millliards d'euros d'économies budgétaires, une réduction 'des charges » de 5 points !
Et dire que Mr Fabius nous dit : « Si on ne signe pas le traité, on ne pourra pas bénéficier des mécanismes de solidarité », sous entendu qu'avec de telles purges, nous manifesterions de la solidarité, mais avec qui ?

Lundi 17 Septembre : « Le Monde » publie le texte qui sera soumis aux parlementaires, enfin !
Mais toujours pas le texte du Traité, comme si nous étions interdits de compréhension !

Plans d'austérité :
Italie : 45,5 milliards en 2 ans,
Allemagne : 80 milliards en 4 ans,
Espagne ; 65 milliards en 2 ans,
Irlande : 15 milliards en 3 ans,
France : 12 milliards en 2 ans,
Grande-Bretagne : 95 Milliards en 5 ans.

Or, le TSCG vient couronner l'intense activité législative et règlementaire de 2010, 2011 que la Commission et le Conseil ont dû mettre en place pour soutenir les pays attaqués par la spéculation, pour organiser le soutien aux banques, menacées par le risque de défaut de paiement des Etats les plus endettés, et pour mieux contrôler les politiques économiques des pays membres, sans remettre en cause ni le Pacte de stabilité et de croissance ni les réformes structurelles néolibérales :
 le semestre européenne
 les six directives (ou 6 Pack) :
- Les pays pourront être sanctionnés si les dépenses publiques augmentent plus vite que le taux de croissance du PIB,
 -Les pays dont la dette dépasse 60% du PIB seraient soumis à une procédure de déficit excessif,
-les pays dont les dépenses publiques « augmentent trop vite » ou ceux soumis à une PDE devront faire un dépôt de 0,2% à 0,5 % du PIB
-la Commission veut imposer aux pays d'intégrer dans leurs cadres budgétaires les règles européennes (règle d'or)
-les procédures prévues dans ces directives fonctionneront désormais selon le principe de la « majorité inversée »
Les six directives ont déjà été votées par le parlement européen dans le total silence des médias et donc une totale indifférence des peuples.

Et, comme si cela ne suffisait pas, la Commission a proposé, en novembre 2011, deux nouvelles directives    - la première imposerait aux pays la mise en place des Comités budgétaires indépendants, avec possibilité, pour la Commission, de demander à un pays de revoir son budget si celui-ci ne correspond pas à des budgets basés sur des prévisions macro économiques indépendantes.
- Un Pays pourra être soumis à une surveillance renforcée.

 La deuxième : le Pacte pour l'Euro plus, mars 2011 :
Au début de chaque année chaque pays devra prendre des engagements précis sans qu'il y ait eu coordination pour favoriser la croissance en Europe ou pour engager le tournant écologique. Seuls sont reconnus les engagements portant sur le renforcement de la compétitivité et sur les réformes libérales.

Améliorer la compétitivité !
-surveillance des coûts unitaires de la main d'oeuvre
 -révision des mécanismes d'indexation des salaires,
 -libéralisation accrue des commerces et des services,
  -réformes du marché du travail, du système de santé, des régimes de pré retraite...
Ainsi, avec ce Pacte, les intances européennes interviendront directement dans deux nouveaux domaines : la protection sociale et les négociations salariales.
De tout cela, personne ne parle.
Comment peut-on accepter de telles règles sans qu'on ne les soumette à notre acceptation ou notre refus, puisqu'il est évident qu'elles vont organiser notre vie sociale d'européens?
Décidément, tout cela est inecceptable.
Cela doit être refusé par nos parlementaires puisque le Président de notre République refuse la consultation populaire.
Les peuples européens se doivent d'intervenir : il y va du modèle social porté par notre civilisation européenne.

A Arques le 20 Septembre 2012

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